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lundi 6 janvier 2014

LE MOUVEMENT ARTS AND CRAFT

Ce mouvement artistique et intellectuel émerge au sein de l’Angleterre victorienne à la fin du 19ème siècle en réaction aux excès de la Révolution industrielle qui a fait de la Grande-Bretagne la première puissance économique et financière du monde. Mais prospérité économique, solidité financière, stabilité politique et puissance coloniale ne sont pas également partagées et la misère d’une bonne partie de la classe ouvrière entassée dans des quartiers insalubres et dangereux où les familles s’entassent et où la violence est quotidienne, finissent par choquer certains. Le mouvement Arts and Craft participe d’une réflexion esthétique et sociale qui naît avec le Gothic Revival pour s’épanouir avec les pré-Raphaëlites dont certains noueront des liens avec la Fabian Society.

  • Le Gothic Revival
Le 18ème siècle rationaliste et néo-classique avait rejeté l’esthétique complexe du gothique, la renvoyant dans les « dark ages » où l’empirisme et l’irrationnel régnaient en maîtres. Le courant romantique est retourné vers ces richesses culturelles et artistiques plus en accord avec ses attentes. L’influence de cette redécouverte et relecture du gothique est visible surtout en architecture et en littérature : Pugin en est le grand architecte, et la reconstruction du Parlement fait de ce vaste ensemble un véritable manifeste néo gothique. En littérature, le roman historique « médiévalisant » remporte un franc succès avec les œuvres de Sir Walter Scott et William Beckford.

  • Les pré-Raphaëlites
En peinture, le mouvement est lancé par Ford Madox Brown qui se réfère à la peinture des primitifs italiens ou flamands, avant l’arrivée de Raphaël et surtout de la norme que son talent a imposé, d’après lui, aux générations suivantes. Paradoxalement, la peinture de Ford Madox Brown en particulier, et des pré-raphaëlites en général, est très peu novatrice sur le plan formel, voire même plutôt académique et assez froide. Ce sont les thèmes retenus, comme ceux issus du cycle arthurien, qui témoignent de leurs recherches et un goût pour la composition et les cadrages originaux dénotent l’influence nouvelle de la photo.
Le vrai chef de file de la fraternité pré-raphaëlite est le peintre Dante Gabriele Rossetti, proche de William Morris fondateur du mouvement Arts and Craft et de sa belle épouse Jane… La tentative de travailler ensemble, au sein de cette fraternité inspirée des guildes du Moyen-Âge échouera car les personnalités de chacun des membres était bien trop forte et individualiste&nbsp: John Everett Millais, William Holman Hunt et William Morris.
Ces artistes sont nourris de la pensée de John Ruskin, émule de Pugin, dont l’ouvrage Les Sept Lampes de l’Architecture est une référence incontournable ainsi que Les Pierres de Venise.


  • Le mouvement Arts and Craft
« L’art dans tout et tout dans l’art » telle pourrait être la devise de William Morris.
Loin de l’atmosphère nauséabonde des villes industrielles, à proximité d’une nature préservée et nourricière où artistes et artisans puisent leur inspiration, l’homme pourrait vivre une vie digne et sobre, au cours de laquelle la contemplation de la beauté simple du cadre quotidien lui apporterait le bonheur. Les savoir-faire ancestraux, pratiqués à un niveau d’excellence avec des matériaux nobles et locaux seraient la garantie de ce bonheur simple (avec quelques concessions à la modernité et à la production en série pour des motifs économiques).

William Morris exerce ses talents dans de nombreux domaines de la peinture à la typographie, de la littérature à la reliure, toute son activité étant traversée par un idéal social qui le rapproche du socialisme réformateur de la Fabian Society.


Sur le plan esthétique, le mouvement Arts and Craft va à son tour inspirer l’Art Nouveau qui se développe en Europe dans les années 1890 et s’étiole avant le début de la Première Guerre Mondiale.

Un site Internet intéressant : www.fashion-era.com/the_mood_of_edwardian_society

mardi 1 octobre 2013

LES AVANT-GARDES du 20ème siècle (1)

  • Petit rappel

La révolution impressionniste, première « avant-garde » = mouvement artistique novateur et qui manifeste une volonté déterminée de s’affranchir des règles établies.

Monet (1841-1926)
-Les séries : cathédrales, meules de foin, rochers… cette manière de travailler est utilisée par Monet et lui permet de fixer sur la toile par petites touches de couleur juxtaposées, en harmonisant ou opposant couleurs primaires et complémentaires, un instant fugitif qui modifie sa perception de la réalité.
-La modernité, l’économie et la société des pays européens : la Révolution industrielle et l’urbanisation très rapide qui l’accompagne transforment en profondeur la vie sociale ; cette atmosphère est aussi présente chez les impressionnistes.

  • Des artistes inclassables

Cézanne, Gauguin et Van Gogh ouvrent des voies nouvelles et relancent la réflexion et la recherche esthétique.

-Cézanne, meurt en 1905, son œuvre aura une influence déterminante sur les cubistes :
Traitez la nature en termes de sphère, de cône, de cylindre.
« Il n’y a pas de lignes, il n’y a pas de modelé, il n’y a que des contrastes. Ces contrastes, ce ne sont pas le noir et le blanc qui les donnent, c’est la sensation colorée. »
-Gauguin, ouvre la voie au fauvisme en utilisant la couleur sans se soucier de la réalité en grands aplats, et aux contrastes violents.
-Van Gogh fragmente les surfaces, crée les volumes avec sa touche rapide et tourmentée, une peintures où le monde vibre de son mal-être, en ce sens il se rattache au courant expressionniste, plus présent en Europe du Nord.

  • L’expressionnisme dès 1890, très présent en Europe du Nord

-Edvard Munch (1863-1944)
Le Cri ; Le Baiser
-Otto Dix (1891-1969)
Carnets de dessins de la guerre de 14-18
La Guerre (tryptique) ; Rue de Prague

  • Le fauvisme le choc de la couleur pure

Le portrait de Mme Matissse fait hurler la plupart des amateurs et la quasi-totalité des critiques d’art : « Donatello chez les fauves !! »
-Henri Matisse (1869-1964)
-Maurice de Vlaminck (1876-1958)

  • Vers le cubisme

Nombreux facteurs convergents comme la 1ère rétrospective de Cézanne ; de multiples rencontres entre Montmartre et Montparnasse, du Bateau-Lavoir de Picasso à l’atelier de Foujita ; ouverture à Paris et à Barcelone de musées d’art primitif.
La réalité pulvérisée : la rencontre Braque / Picasso a lieu par l’intermédiaire d’Apollinaire.

Le cubisme analytique :
Priorité de la forme sur la couleur.
Refus total du système illusionniste hérité de la Renaissance.
Multiplication des points de vue et fragmentation de la réalité.
Aucun contenu psychologique.

Le cubisme synthétique :
1912 : orientation vers une synthèse des formes et des couleurs.
Synthèse des techniques et des matériaux (papiers collés) :
Exprimer la réalité avec des matériaux. G. Braque
On peut peindre avec ce qu’on voudra. P. Picasso
Georges Braque (1882-1963) : l’alter ego, travail en symbiose et réflexion très approfondie sur la déstructuration de surfaces.

  • Un peu de sculpture

-Pablo Gargallo (1881-1934)
Le Prophète ; Famille
-Ossip Zadkine (1890-1967)
L’Arlequin
-Constantin Brancusi (1878-1957)
Le Baiser ; Muse endormie ; Oiseau

Évolution aussi vers un art non-figuratif.

  • Courants de peinture « collatéraux »

L’Orphisme : couleurs et harmonies.
-Robert Delaunay (1885-1941)
Hommage à Blériot (1914)
-Sonia Delaunay (1885-1979)
Loi du contraste simultané des couleurs, théorie sur la diffraction de la lumière, cercle chromatique utilisés pour obtenir des vibrations colorées.
Sonia Delaunay parle de composition, d’harmonie, d’accords, de dissonances.

Marcel Duchamp (1887-1968)
Hors norme !!!
Figure incontournable de l’art et de la réflexion théoricienne sur le statut de l’œuvre d’art. Reste une référence pour tous les artistes de la deuxième moitié du 20ème siècle. Suscite toujours la polémique.
Nu descendant l’escalier (1921)

Le Futurisme : rythme et mouvement.
-Carlo Carrà (1881-1966)
Portrait de Marinetti (homme de lettres italien, auteur du Manifeste du Futurisme) (1914) ;
-Umberto Boccioni (1882-1916)
Formes uniques de la continuité de l’espace (1912)

Apports de la chronophotographie et du cinéma.
Posture idéologique agressive, anti-bourgeois, anti-culture, misogyne...

7. Il n'y a plus de beauté que dans la lutte. Pas de chef-d'œuvre sans un caractère agressif. La poésie doit être un assaut violent contre les forces inconnues, pour les sommer de se coucher devant l'homme.
8. Nous sommes sur le promontoire extrême des siècles !... A quoi bon regarder derrière nous du moment qu'il nous faut défoncer les vantaux mystérieux de l'Impossible? Le Temps et l'Espace sont morts hier. Nous vivons déjà dans l'absolu, puisque nous avons déjà créé l'éternelle vitesse omniprésente.
9. Nous voulons glorifier la guerre -seule hygiène du monde, -le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles Idées qui tuent, et le mépris de la femme.
10. Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés opportunistes et utilitaires."

Extrait du Manifeste du Futurisme, Marinetti (1909)

  • Vers l’abstraction

Naissance juste avant 1ère guerre mondiale.
Pionniers : Mondrian, Malévitch, Kandinsky.
Se développe dans toute l’Europe dans les années 1920-1930, sous des formes diverses.
Après 1945, devient un phénomène mondial.

-Paul Klee (1879-1940)
Abstrait avec des souvenirs
-Piet Mondrian (1872-1944)

Un cheminement pictural vers le non-figuratif.
(Dans le passé : Pieter de Hooch, le Siècle d’or néerlandais, Vélasquez : Les Ménines, Picasso)

-Malévitch : le suprématisme, une impasse ?
Carré blanc sur fond blanc = mort de la peinture ?

Retour vers le figuratif (et l’Italie), par le chemin de notre inconscient.
-Chirico et les peintres métaphysiques italiens.
La pintura è una cosa mentale, Léonard de Vinci
Langage ésotérique pour décrire un univers onirique, accessible par certaines techniques.

  • Le surréalisme, une méta-réalité

-Tzara et le mouvement DADA, né en Suisse pendant la guerre.
-Raoul Hausmann

Le surréalisme est avant tout un mouvement littéraire (chef de file André Breton) mais qui s’étend aux autres domaines plus modernes comme la photographie et le cinéma. Utilise les travaux de Freud et Jung sur l’inconscient et les techniques pour le faire émerger.

-Man Ray
Le Violon d’Ingres
-Salvador Dali (1904-1989) un monument à lui tout seul !
-Marcel Duchamp : READY – MADE ? Où est l’œuvre ?
-René Magritte (1898-1967) : et l’humour ?
Le terme de composition suppose une décomposition possible sous forme d’analyse par exemple.
Dans la mesure où mes tableaux sont valables, ils ne se prêtent pas à l’analyse.
Ceci n’est pas une pipe
La Reproduction interdite
Madame Récamier

ALLEMAGNE 1937 : succès de l’exposition de J. Goebbels sur l’art dégénéré.

  • La rupture de la Seconde Guerre Mondiale

Après 1945, le monde de l’art connaît un foisonnement considérable et la recherche artistique et esthétique explore des voies très diversifiées.
L’œuvre d’art est de moins en moins accessible sans une connaissance préalable de la démarche de l’artiste et devient en outre une marchandise et un objet de spéculation.
L’art contemporain est un univers très complexe où se côtoient l’art et sa propre négation. Tous les supports et media modernes sont utilisés et détournés.
L’artiste et ses interrogations tendent à devenir le seul sujet de l’œuvre avec le risque d’aboutir à une impasse car l’art a besoin du regard et du ressenti de l’autre pour exister.

jeudi 24 janvier 2013

UN UNIVERS PARALLÈLE

Les Cités obscures
B. Peeters & F. Schuiten


Dans le cadre de l'étude du paysage, centrée sur le paysage urbain, quelques éléments complémentaires à regarder pour parfaire votre connaissance...

  • EN COMPLÉMENT DU COURS : Interview de François Schuiten

  • ET NE PAS OUBLIER LE SITE DES CITÉS LE PLUS COMPLET

samedi 29 septembre 2012

FAIRE DIALOGUER LES TABLEAUX ?

Étrange travail demandé à mes élèves de Terminale, qui ont eu le courage de s'y atteler et de le rendre dans le délai "impossible" indiqué.



  • Deux siècles et demi les séparent.
    Le Tricheur à l'as de carreau - Georges de la Tour 1635                           Les Joueurs de cartes - Paul Cézanne 1895

Entrons dans le tableau puisque le tricheur semble nous y inviter. Il nous rend complices de ce qui est en train de se dérouler ; son air finaud laisse à penser qu'il n'en est pas à son coup d'essai. Cependant, le regard échangé par les deux femmes révèle une autre complicité, sans doute bien plus profonde. Tout est déjà dit entre elles, les mots ne sont plus nécessaires, un battement de paupières suffit... Et éclatant d'inconscience et de son habit chamarré, le benêt, le dindon - il est riche, plumons-le ! - examine son jeu d'un air impavide et satisfait.
Le trait dense et rigoureux de la Tour, auquel s'ajoute une lumière froide qui sculpte et lisse les visages, tout en faisant éclater la richesse chromatique des vêtements et parures, ajoute à son intensité dramatique.

Quel contraste avec les taches de couleurs automnales de Cézanne, lancé dans une recherche interminable de la géométrisation des formes de la nature pour satisfaire la conviction qui l'emplit qu'il parviendra ainsi à une expression artistique plus universelle. La perspective commence à s'effacer, la verticalité s'impose dans la composition du tableau qui se structure autour d'un axe "d'asymétrie". Mais les deux artistes ont su rendre la tension palpable de certaines parties de cartes.


  • Ennemis d'hier, victimes à jamais.
C'est dans une monstrueuse "bataille" ou une terrible partie de poker menteur que les joueurs disloqués de Léger et Dix ont été enrôlés. Pouvaient-ils y échapper ?
Léger, en 1917, transforme les poilus des tranchées en sortes de mannequins robots démontables, constitués de tubes aux reflets d'acier et interchangeables mais déjà en train de se déglinguer. Les quelques 1600 jours de ce conflit ont compté plus de temps d'attente que d'engagements actifs, mais leur violence a été telle qu'elle est restée gravée dans la mémoire - et le corps - de ceux qui en ont réchappé.

Les gueules cassées d'Otto Dix - peintre dégénéré aux yeux des nazis - parlent de l'après-guerre tout en racontant aussi les horreurs de cette guerre que l'on dit "totale" : le gaz qui brûle les poumons, les shrapnels qui explosent en milliers de fragments capables de vous arracher un bras ou la tête... Ceux-là sont marqués dans leur chair aussi par cette incroyable puissance dévastatrice de la guerre, et l'acier des soldats de Léger fait partie désormais de leur corps mutilé.
Le tricheur détournerait sans doute les yeux de ce spectacle insoutenable et le beau jeune homme pourrait-il un jour, à son tour, être tué ou détruit, défiguré par la guerre ? Mais le jeune homme aura peut-être un piston, un soutien pour être affecté à l'arrière et le tricheur, mobilisé comme des millions d'autres, n'aura pas trop de sa débrouillardise pour résister aux maux de la guerre, jusqu'à l'héroïsme peut-être.


La partie de cartes la plus ordinaire peut dégénérer en pugilat à cause d'un tricheur ou d'un mauvais joueur ; l'assassinat d'un archiduc autrichien peut mettre le monde à feu et à sang.
L'art remplit alors sa fonction : dire l'indicible, rendre perceptible le ressenti et en nous incitant à ouvrir les yeux, nous amener à une meilleure appréhension de ce qui nous entoure.
Changer de regard pour changer (par petites touches, modestement) le monde.

lundi 9 avril 2012

BD : PROFUSION

Angoulême 2012


  • Un président du jury hors norme
C'est, en effet, une des grandes figures de la BD américaine qui a présidé, cette année, aux destinées du festival d'Angoulême. Son univers est bien loin des "petits Mickeys" dénoncés par les détracteurs du 9ème art. C'est dans l'interrogation la plus lourde et la plus douloureuse du 20ème siècle qu'Art Spiegelman a trouvé son public et son succès, à laquelle il aura consacré plus de 20 ans de sa vie et aussi pour tenter de comprendre un père, rescapé d'Auschwitz, disparu en 1982.

Le récit, où les personnages sont incarnés par des souris et des chats, ne banalise ni n'atténue en rien la monstruosité : cette transposition aide peut-être simplement à supporter l'abominable. La puissance de cet ouvrage est renforcée sans doute par la simplicité du trait et le choix du noir et blanc. Et le jury du Pulitzer en 1992 ne s'y est pas trompé, en décernant ses lauriers pour la première fois à une BD.

Spiegelman publie cette année Metamaus, retraçant tout l'historique de ce récit de la vie de son père Vladek, à travers laquelle est racontée la Shoah. Textes, croquis, dessins, interviews, lettres, conversations... tout y est et cela permet de mesurer à la fois l'exigence du travail et la profondeur du doute sur une telle entreprise. Metamaus pose aussi la question de la place et de la responsabilité de l'artiste devant un tel sujet qui le hante et continue de le hanter dans sa dimension historique et dans son implication personnelle.
À voir : exposition au Centre Pompidou

  • Le grand prix 2012 : Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle
Après Pyong Yang, Chroniques Birmanes, Shenzen, Guy Delisle poursuit ses ouvrages au gré des missions d'une compagne travaillant dans l'humanitaire. La dernière livraison de ces péripéties nous emmène à Jérusalem où nous découvrons, dans le dessin stylisé et sobre de cet auteur, les arcanes complexes de la ville trois fois sainte, peut-être, mais surtout au cœur d'un imbroglio géopolitique tellement verrouillé que la vie quotidienne y devient une aventure de tous les instants, non sans risques mais aussi avec la promesse de rencontres surprenantes. Une sorte de planète posée sur une poudrière, en équilibre instable et dont nous avons ici un vadémécum illustré dont la validité doit pouvoir changer dans la minute suivante.
Situations banales qui tournent au cauchemar ou à l'absurde, personnages hauts en couleur et n'ayant plus conscience de vivre dans un univers parallèle, communautés repliées sur elles-mêmes dans une des villes les plus cosmopolites, royaume de la corruption et de la violence sur la terre où fut délivré la parole de Dieu...
Passionnant et d'une grande lucidité.

  • Retour vers la couleur
    Merci à Maylis pour la présentation de cette BD qui n’en est pas une... ni un roman graphique... C’est une histoire en image.

    Les Amateurs, de Brecht Evens (Ed. Actes Sud)

    lundi 23 janvier 2012

    LECTURES

    -Grâces lui soient rendues,
    -Le Dernier des Camondo,
    -Et L'Homme de l'art : D-H Kahnweiler,
    Trois ouvrages de Pierre Assouline qui évoquent le monde artistique fin 19ème-début 20ème siècle.

    -La Fille à lèvre d'orange de France Huser évoque la compagne de Modigliani, Jeanne Hébuterne et sa fin tragique.

    -Bohêmes de Dan Franck est une promenade dans le Paris artistique de la première moitié du 20ème siècle.

    -Art, la pièce de Yasmina Reza, est toujours savoureuse et pleine d’actualité dans le débat sans fin qui anime l'art contemporain.

    -Bleu. Histoire d'une couleur. Un univers dans une couleur, un voyage passionnant à la fois concret et plein de poésie, de Michel Pastoureau.

    -Histoire de la beauté : Umberto Eco est un des penseurs et écrivains italiens les plus extraordinaires de sa génération, d'une érudition étourdissante. À feuilleter impérativement.

    -Daniel Arasse était un brillant historien de la peinture, qu'il abordait avec une démarche originale et peu conventionnelle comme Le Détail en peinture ou On n'y voit rien.

    -Quelques pages du Musée imaginaire de Malraux ne peuvent être inutiles, et pour "compenser" quelques scènes de Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes...



    Bonne lecture, et je laisse à Pierre Cabanne la phrase de conclusion :
    « Image et verbe sont, lorsqu'ils se rencontrent, s'affrontent ou s'épousent, nourris de leurs richesses respectives... ; les voix s'entrecoupent, les poètes n'inventent pas une autre langue que les peintres, ils sont frères dans l'indicible. » - La Main et l'esprit, Pierre Cabanne.

    lundi 2 janvier 2012

    VOUS AVEZ DIT GROGNARD ?

    L'abstraction à l'atelier Grognard de Rueil-Malmaison


    Une belle affiche pour une exposition de grande qualité.
    Les années 50 en France ont connu un renouveau de la création artistique, un foisonnement de recherches plastiques et esthétiques qui témoignent de la vigueur des milieux artistiques qui se sont reconstitués après l'Occupation, dans un Paris encore marqué par la guerre mais plein d'une vitalité extraordinaire.

    C'est l'époque de Saint-Germain-des-Prés, du jazz, de l'existentialisme... On vit la nuit dans les caves, on fume des cigarettes américaines au son de nouvelles musiques qui donnent des fourmis dans les jambes !
    Certains peintres se tournent alors vers l'abstraction après des débuts figuratifs pour la plupart. Ce moment original et fécond a pris le nom d'abstraction lyrique et rassemble des personnalités très diverses dont les noms ont pour certains été un peu trop rapidement oubliés. Les cimaises de l'atelier Grognard leur offrent un cadre lumineux et ouvert, dans une présentation réfléchie et pertinente.

    Vieira da Silva offre ses peintures structurées et encore rattachées à une figuration ; les couleurs d'Estève et de Manessier éclatent sur le blanc des murs ; Hartung, Fautrier et de Staël se font écho dans une tonalité plus sombre, mais c'est dans le noir de Soulages que la lumière est la plus présente.
    De l'autre côté de l'Atlantique, l'abstraction prend alors une orientation différente avec les deux grandes figures de Marc Rothko et de Jackson Pollock.

    À noter donc : le cours du jeudi 2 février aura lieu à l'Atelier Grognard.

    jeudi 24 novembre 2011

    ERRARRE HUMANUM EST !

    Quand le professeur parle trop vite...


    • Mea culpa

    Je vous ai parlé de Gilles Clément tout à l'heure, nommé au Collège de France, et je lui ai attribué un peu hâtivement l'invention de mur végétalisé...
    Rendons donc à César... et à Patrick Blanc ces magnifiques murs verts comme celui du quai Branly et à Gilles Clément le jardin du musée du Quai Branly !!






    • Calendrier des leçons de décembre 2011 à avril 2012
    -01/12/2011 – 18h00 : Leçon inaugurale au Collège de France.
    -08/12/2011 – 14h30 : Le Jardin en mouvement.
    La conception in situ. Faire le plus possible avec le moins possible, contre les énergies en place.
    -15/12/2011 - 14h30 : Le Jardin planétaire.
    L’avènement écologique et le partage du bien commun.
    -05/01/2012 - 14h30 : Le Tiers paysage.
    Les espaces en déprise, accueil à une diversité chassée de partout ailleurs.
    -12/01/2012 – 14h30 : Le partage de la signature.
    La part de l’art.
    -19/01/2012 – 14h30 : La forme et l’information.
    Composition formelle et composition biologique.
    -26/01/2012 – 14h30 : Nature à lire.
    La classification, mise en ordre logique ; la communication, choix culturel.
    -02/02/2012 – 14h30 : Économie et paysage.
    Du génie naturel à la ville recyclable : le paysage comme reflet d’un modèle économique.
    -09/02/2012 – 17h00 : Cosmologie et paysage.
    Incidence de l’imaginaire sur la mise en forme, la gestion et la poétique du jardin planétaire.

    Voilà, dormez en paix !
    Pour la semaine prochaine, je penche toujours pour Camille Claudel, mais le film dure 175mn soit près de 3 heures, donc il faut terminer sur la séance du 8 décembre.
    Faites un petit référendum entre vous et tenez-moi au courant.

    vendredi 11 novembre 2011

    VOYAGE PREMIÈRES L/ES

    Musée des Beaux-Arts du Havre


    Ce musée est la première maison de la Culture créée en France à l'initiative d'André Malraux, qui fut un très grand ministre de la Culture pendant le mandat du général de Gaulle.

    Le Havre, rasée à 90% en 1944, pendant la bataille de Normandie, s'est reconstruite assez rapidement sous la férule énergique d'Auguste Perret et connaît actuellement un essor rapide fondé sur de très gros investissements destinés à en faire un port majeur de voyageurs et de fret, et la tête de pont d'un axe de pénétration vers l'Est qui remontera la Vallée de la Seine jusqu'à Paris, pour lui rendre un statut de port fluvial.
    Le musée Malraux, que nous avons visité, est un très bel espace, lumineux, ouvert sur la mer et l'entrée du port de plaisance et des lignes de ferries, ce qui l'inclut dans la dimension maritime du port.
    S'y trouve la deuxième collection de peintres impressionnistes de France après celle d'Orsay, et cela vaut le déplacement !
    Monet, Sisley, Renoir, mais aussi Derain, Vallotton, Van Dongen, Dufy...

    Mérite le détour !
    Site de la ville du Havre : www.lehavretourisme.com