lundi 17 septembre 2012

FIN DE LA PAUSE ESTIVALE...

Après un été si contrasté entre climat très, très océanique et canicule heureusement brève (39°C à Paris), espérons ne pas entrer trop rapidement dans les pluies et les frimas. Ces passionnantes considérations météorologiques étant faites, passons aux considérations plus culturelles.


Architecture contemporaine à Rome


La Ville Éternelle recèle bien des trésors, dont nous ne nous lassons pas, et nous y avons nos petits endroits préférés, notre église de prédilection, notre fontaine etc... la liste est longue voire interminable.

Rome compte aussi quelques bâtiments très récents, du début des années 2000 et certains d'entre eux ne manquent pas d'intérêt, en dépit de leur dénomination un peu déroutante et leur situation quelque peu excentrée.

  • MACRO : Museo d'arte contemporaneo ROMA




Le MACRO est établi sur deux sites complémentaires, le second étant encore une ébauche. Ces deux espaces réutilisent des bâtiments pré-existants avec pas mal d'inventivité, même si le site du MACRO Future, installé sur les anciens abattoirs de la ville est un peu macabre avec ses glissières et ses crochets pour faire circuler les carcasses!!

  • MAXXI : Museo delle arti del XXI secolo


Ce bâtiment, inauguré en 2011, aux lignes aigues et épurées, est dû au talent de Zaha Hadid, architecte d'origine iranienne qui fait partie des plus grands architectes contemporains.



Les très vastes espaces intérieurs, à la lumière modulée par de grandes lames qui atténuent la très forte luminosité de l'éclairage zénithal, se prêtent tout particulièrement aux grands formats et volumes fréquents dans l'art contemporain.
Ce parti pris tranche dans la palette ocre de la ville éternelle et affirme ainsi une présence forte et attractive, le premier étonnement passé.




Pour en savoir plus :
www.museomacro.org
www.fondazionemaxxi.it

samedi 12 mai 2012

BERTHE MORISOT (fin)

Pas d'hésitation, il faut y aller!



La traversée du Bois de Boulogne a relevé de l'exploit, compte tenu de la fermeture de nombreuses voies mais la persévérance a été récompensée.

L'univers de Berthe Morisot est familier, intime et sur ce support si évident, sa technique progresse, la touche illumine juste le point nécessaire qui va permettre de fixer sur la toile l'impression fugitive...


Tout est là, et on s'y trouve bien.
Plus d'informations

vendredi 11 mai 2012

BERTHE MORISOT

Belle-sœur de... ; épouse de... ; mère de... Berthe Morisot a bien été cela, mais son œuvre est rarement évoquée pour elle-même, sans référence à son entourage familial. Le Code Napoléon a enfermé les femmes dans un carcan légal qui en fait de sempiternelles mineures, et Berthe Morisot n'y échappe pas.

Issue de la bonne bourgeoisie, elle a la chance de bénéficier des conseils précieux de Corot qui l'emmène peindre sur le motif, et elle participe à la première exposition des impressionnistes chez Nadar en 1874, aux côtés des Monet, Degas,... L'univers de Berthe semble paisible, empli de rires d'enfants, de fruits cueillis sur l'arbre, de goûters en plein air ; les enfants et leur mères sont entourés d'un halo de tendresse, sans aucune mièvrerie.

La sérénité d'une femme et artiste épanouie, mais la passion est là, sous-jacente et le travail acharné de Berthe Morisot en témoigne de même que la mort précoce de son époux, Eugène Manet, la submergera d'une vague de souffrance et de chagrin qui restera toujours présente au fond de son regard sombre et intense.

Le contraste est saisissant avec la blondeur de ses portraits et la fraîcheur des paysages.
 
 

Musée Marmottan

Dossier de presse à télécharger :

samedi 21 avril 2012

LE CORBUSIER... ENCORE !

Le gymnase de Bagdad dessiné par Le Corbusier (12 avril 2012)
Un gymnase commandé à Le Corbusier en 1957 par l’Irak, et achevé sous Saddam Hussein dans les années 1980, est en train d’être restauré à Bagdad.

Le Gymnase de Bagdad, situé dans l’est de la capitale irakienne, n’est qu’un élément de la vaste Cité olympique projetée par un pays alors ouvert sur le monde, qui espérait accueillir les J.O. de 1960. Le Corbusier était alors au sommet de sa gloire.

La révolution de 1958 a mis le projet en sommeil, Saddam Hussein l’a réveillé en 1980. Il a été achevé deux ans plus tard, bien après la mort de son concepteur, décédé en 1965.

Le gymnase de Bagdad dessiné par Le Corbusier
Les spécialistes occidentaux ignoraient tout du gymnase. C’est une chercheuse française, Caecilia Pieri, qui l’a découvert en 2005, inconnu même de la Fondation Le Corbusier. Avec l'aide de la France, la rénovation est en cours mais tend à s’éloigner de la vision du maître : les gradins se sont couverts de sièges de couleurs vives, des faux plafonds bloquent la lumière zénithale dans les vestiaires. Cependant, la ligne générale de l'édifice, avec ses courbes caractéristiques, et la façade extérieure lui restent fidèles, avec les symboles fétiches de Le Corbusier gravés dans le béton, ainsi que cette conviction : « Là où naît l’ordre naît le bien-être ».

lundi 9 avril 2012

BD : PROFUSION

Angoulême 2012


  • Un président du jury hors norme
C'est, en effet, une des grandes figures de la BD américaine qui a présidé, cette année, aux destinées du festival d'Angoulême. Son univers est bien loin des "petits Mickeys" dénoncés par les détracteurs du 9ème art. C'est dans l'interrogation la plus lourde et la plus douloureuse du 20ème siècle qu'Art Spiegelman a trouvé son public et son succès, à laquelle il aura consacré plus de 20 ans de sa vie et aussi pour tenter de comprendre un père, rescapé d'Auschwitz, disparu en 1982.

Le récit, où les personnages sont incarnés par des souris et des chats, ne banalise ni n'atténue en rien la monstruosité : cette transposition aide peut-être simplement à supporter l'abominable. La puissance de cet ouvrage est renforcée sans doute par la simplicité du trait et le choix du noir et blanc. Et le jury du Pulitzer en 1992 ne s'y est pas trompé, en décernant ses lauriers pour la première fois à une BD.

Spiegelman publie cette année Metamaus, retraçant tout l'historique de ce récit de la vie de son père Vladek, à travers laquelle est racontée la Shoah. Textes, croquis, dessins, interviews, lettres, conversations... tout y est et cela permet de mesurer à la fois l'exigence du travail et la profondeur du doute sur une telle entreprise. Metamaus pose aussi la question de la place et de la responsabilité de l'artiste devant un tel sujet qui le hante et continue de le hanter dans sa dimension historique et dans son implication personnelle.
À voir : exposition au Centre Pompidou

  • Le grand prix 2012 : Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle
Après Pyong Yang, Chroniques Birmanes, Shenzen, Guy Delisle poursuit ses ouvrages au gré des missions d'une compagne travaillant dans l'humanitaire. La dernière livraison de ces péripéties nous emmène à Jérusalem où nous découvrons, dans le dessin stylisé et sobre de cet auteur, les arcanes complexes de la ville trois fois sainte, peut-être, mais surtout au cœur d'un imbroglio géopolitique tellement verrouillé que la vie quotidienne y devient une aventure de tous les instants, non sans risques mais aussi avec la promesse de rencontres surprenantes. Une sorte de planète posée sur une poudrière, en équilibre instable et dont nous avons ici un vadémécum illustré dont la validité doit pouvoir changer dans la minute suivante.
Situations banales qui tournent au cauchemar ou à l'absurde, personnages hauts en couleur et n'ayant plus conscience de vivre dans un univers parallèle, communautés repliées sur elles-mêmes dans une des villes les plus cosmopolites, royaume de la corruption et de la violence sur la terre où fut délivré la parole de Dieu...
Passionnant et d'une grande lucidité.

  • Retour vers la couleur
    Merci à Maylis pour la présentation de cette BD qui n’en est pas une... ni un roman graphique... C’est une histoire en image.

    Les Amateurs, de Brecht Evens (Ed. Actes Sud)

    jeudi 22 mars 2012

    UN PRINTEMPS FÉMININ

    Artemisia et les autres...


    • Artemisia Gentileshi
    « Je ferai voir à Votre Très Illustre Seigneurie ce que sait faire une femme. »

    C'est en ces termes qu'Artemisia Gentileschi, femme peintre, s'adresse à l'un de ses mécènes. Fille et femme de peintre, Artemisia a laissé une œuvre d'une puissance et d'une intensité remarquables qu'il est difficile de ne pas mettre en relation avec sa vie extraordinairement mouvementée.
    Sans revenir en détail sur les drames et les péripéties de sa vie privée, marquée par la violence masculine, on est frappé par le volontarisme de son parcours.

    A 17 ans, elle épouse un peintre florentin, pour se mettre à l'abri de la désapprobation générale suscitée par son viol et la condamnation de son agresseur, dans une société où le viol déshonore d'abord la victime et sa famille.
    Pour échapper à la mort sociale qui la guette, elle quitte Rome pour Florence et reprend ainsi une carrière déjà prometteuse. Le grand-duc Cosme ne s'y trompe pas et elle devient une des figures en vue de Florence. En 1616, elle est la première femme à intégrer la prestigieuse Accademia del Designo, ce qui lui donne une totale liberté artistique et professionnelle.
    Le retour un peu précipité à Rome en 1620 se heurte à l'hostilité de son père Orazio, qui supporte mal le succès de sa fille parmi les caravagesques romains.
    Son parcours la mènera ensuite à Venise puis à Naples où elle dirigera un grand atelier.

    Judith décapitant Holopherne
    Artemisia s'est aussi autorisée à s'attaquer à la peinture d'histoire, la plus noble aux yeux des académies et des commanditaires et elle a su y faire passer les réminiscences et les traumatismes d'un univers violent où les femmes doivent trouver les moyens de leur survie.
    L'affiche de l'exposition en est un exemple frappant, l'influence du Caravage évidente mais la composition de la toile souligne tout à la fois la détermination des deux femmes, leur complicité et dans le même temps un certain dégoût ou réticence. La violence est sourde, intense et le regard révulsé de la victime en marque le paroxysme.
    L’œuvre sensuelle et violente d'Artemisia Gentileschi figure parmi les grands noms de la peinture italienne du Seicento ; dans une de ses lettres, elle écrivait : « Vous trouverez en moi l'âme de César dans un corps de femme ».

    Il est certain que dans sa peinture, on découvre une puissance qui démontre que l'expression artistique des passions, n'est pas l'apanage d'un sexe mais que certaines thématiques elles le sont, très clairement.

    Musée Maillol

    51 rue de Grenelle
    75007 Paris
    www.museemaillol.com

    • Berthe Morisot
    À suivre... Berthe Morisot

    samedi 10 mars 2012

    DERNIÈRES TROUVAILLES

    • Damien Hirst
    Cet artiste est un bon exemple de la puissance du marché de l’art et de certains galeristes aux moyens financiers à faire pâlir d’envie le gouvernement grec ! Larry Gagosian, richissime galeriste new-yorkais, expose dans ses onze galeries une rétrospective des Spot Paintings que l’artiste anglais Damien Hirst a réalisées depuis 1986. Cette série peut s’assimiler à l’art conceptuel mais rappelle aussi étrangement les idées du groupe BMPT (Buren, Mosset, Parmentier, Toroni) et leur expositon provocation de 1967 à Paris composée de 4 toiles : bandes verticales de Buren, rond noir sur fond blanc de Mosset, bandes colorées horizontales de Parmentier et touches carrées en quinconce de Toroni.

    Créations Damien Hirst - Galerie Gagosian
    Il y a donc peu à voir, peu à ressentir, peu de créativité et pourtant… ça marche.

    Conclusion du critique de Télérama, Olivier Céna :
    « Lui (D.H.) a tout compris de notre époque. Il travaille à l’image des banques : il ne donne pas, ne produit rien et ne prête qu’aux riches. »

    Et pour le plus grand bonheur de Larry Gagosian !

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    • Des tubes à la Maison Rouge
    Beau mot d’ordre pour cette exposition originale qui célèbre le siècle d’existence de ce mode d’éclairage auquel certains artistes ont donné ses lettres de noblesse. Utilisé et valorisé dans la plupart des courants artistiques de la deuxième moitié du 20ème siècle, on le retrouve coloré, travaillé, tordu, transformé chez des artistes conceptuels comme Joseph Kosuth, des représentants du Nouveau Réalisme comme Martial Raysse ou de l’Arte Povera comme Mario Merz...
    Jusqu'au 20 mai à la Maison Rouge : “Neon : who’s afraid of red, yellow and blue?”.


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    • Cinémathèque de Paris

    L’exposition Tim Burton s’installe à Paris après avoir passionné les foules à New York. L’univers déroutant et complexe de l’étrange monsieur Tim.