mercredi 18 septembre 2013

RENTRÉE PROMETTEUSE, À VOS AGENDAS

Perspectives de bac ou non, sur le front des expositions et des événements culturels, la rentrée s'annonce chargée. Alors, commençons par une petite liste de ce qui a retenu mon attention en attendant quelques compte-rendus après visite. 

  • MAJEURE : Annoncée à grand bruit dans la presse, dotée d'un site Internet foisonnant, la rétrospective « Georges Braque » ouvre ses portes aujourd'hui au Grand Palais. Toujours dans l'ombre de Picasso, mort beaucoup plus jeune et beaucoup moins "communiquant", c'est aussi un immense artiste et pas simplement une sorte de "shadow Picasso"!
    Site de l'exposition "Georges Braque"
    Site du Grand Palais

  • MAJEURE (bis) : À la Cité de l'Architecture (qui mérite une visite en tout état de cause) à Chaillot, à partir du 16 octobre, « 1925, quand l'Art Déco séduit le monde » revient sur le rayonnement de la France dans le domaine des Arts Décoratifs durant les années 1920 et retrace l'aventure de l'Exposition Internationale qui eut lieu à Paris cette année-là.
    Site de la Cité de l'Architecture

  • IMPORTANTE : À l'Orangerie des Tuileries, « Frida Kahlo / Diego Rivera : l'art en fusion », à partir du 9 octobre, est l'occasion de découvrir ce couple étrange et complexe, de deux artistes radicalement différents dans leur mode d'expression, dans leur rapport au monde, dans leur engagement politique dans un Mexique bien méconnu en France.
    Site du Musée de l'Orangerie

  • IMPORTANTE (bis) : Au Musée d'Art Moderne à partir du 19 octobre « Serge Poliakoff, le rêve des formes » permet d'aborder l'abstraction par l'intermédiaire d'un des artistes de l'école de Paris qui fit connaître et apprécier l'art non-figuratif dans un élan formidable de créativité après la Seconde Guerre Mondiale, que l'on a appelé l'abstraction lyrique.
    Site du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

  • ET AUSSI au Petit Palais, « Jordaens, la gloire d'Anvers » formidable artiste et coloriste flamand du 17ème siècle ; à Jacquemart-André, « Désirs et voluptés à l'époque victorienne » remarquable parcours sensuel d'une Angleterre peut-être moins corsetée que son image... ?
    Site du Petit Palais
    Site du Musée Jacquemart-André

jeudi 21 mars 2013

PETITE CHRONIQUE D'UNE ÉLECTION

28 février 2013 : un nouveau pape est appelé...

  • La démission de Benoît XVI
Usant d'un droit prévu dans le droit canon, Benoît XVI a annoncé il y a quelques semaines son renoncement à l'exercice de sa fonction. Arguant de sa mauvaise santé et de son âge, le successeur de Jean-Paul II a été l'objet de nombreux commentaires d’autant plus que dans la longue histoire de la papauté, il n'y a eu qu'un seul précédent, Célestin V au 13ème siècle, dont le pontificat dura cinq mois.

Le Vatican
Benoît XVI

le plus petit état du monde
la plus grande basilique de la chrétienté
Mère et tête de toutes les églises
  • Quelques portraits remarquables... de papes non moins remarquables !
Paul III Farnèse
Les iris des Farnèse, que nous prenons trop souvent pour des fleurs de lys, ont décoré les armes du pape qui convoqua le concile de Trente.

Innocent X
Un Pamphili, aux armes de colombe, que le génie de Vélasquez a vraiment rendu immortel ; si vivant et présent que l'on a l'impression de le déranger.

Léon XIII
Léon XIII, pape pétri d'humanité et d'ouverture d'esprit en une fin de 19ème siècle qui en a singulièrement manqué ; il a permis aux catholiques de France, sous la IIIème République d'adhérer au régime républicain sans avoir l’impression de trahir l’Église. En 1891, l'encyclique Rerum Novarum énonce la première doctrine sociale de l’Église et condamne sans ambigüité les dangers du marxisme et les excès du libéralisme. Il fut un élève des Jésuites à Rome. 

Jean XXIII
L'héritage de la première moitié du 20ème siècle était bien lourd à porter et les questionnements religieux et spirituels avaient pris une ampleur inégalée après la découverte des abominations de la deuxième guerre mondiale. Jean XXIII, dont la rondeur physique habillait un esprit brillant et une foi humaniste, a rapproché l’Église de ses fidèles et c'est une des dimensions primordiales du concile de Vatican II, dont la richesse est difficilement réductible en quelques phrases.

Jean-Paul II à Gorée
Une personnalité hors du commun, un charisme et une présence exceptionnels : ce pape polonais a su, dès les premiers instants de son pontificat, lui donner une orientation et un sens radicalement nouveaux. En prononçant ces simples paroles « N'ayez pas peur ! » lors de sa première apparition à la fenêtre de la Saint Pierre de Rome, il a rétabli l’Église dans un rôle protecteur d'ouverture sur le monde. La longueur de son pontificat en fait un des papes les plus marquants et aussi souvent controversé.


13 Mars 2013 : un nouveau pape est élu


Notre nouveau pape François a lui aussi surpris, d'abord par son élection rapide et inattendue, et par la simplicité pleine d'émotion de sa première apparition publique. La minute de silence qu'il a demandée et obtenue sur cette place saturée d'une foule enthousiaste et bruyante résonnera longtemps dans ma mémoire.
Marcher sur les traces du Poverello est un défi surhumain, tant la misère, la violence et l'injustice font de ravages dans notre monde. Peut-être fallait-il un pape venu du Nouveau Monde pour oser benoîtement rappeler la nécessité vitale de ce combat et nous redire à tous la signification de notre engagement de chrétien dans la prière et aussi dans l'action.

mercredi 30 janvier 2013

SITOGRAPHIE

QUELQUES SITES PRÉCIEUX



Tous les grands musées ont leur propre site et créent des sites pour chaque exposition. Ces sites restent accessibles après la fin des expos. Certains musées ou institutions ont aussi des expositions virtuelles (Cité de l'architecture ; BNF ; ...). Ce sont des mines de renseignements, de documentations souvent remarquables, pourvus de bons dossiers pédagogiques.

jeudi 24 janvier 2013

UN UNIVERS PARALLÈLE

Les Cités obscures
B. Peeters & F. Schuiten


Dans le cadre de l'étude du paysage, centrée sur le paysage urbain, quelques éléments complémentaires à regarder pour parfaire votre connaissance...

  • EN COMPLÉMENT DU COURS : Interview de François Schuiten

  • ET NE PAS OUBLIER LE SITE DES CITÉS LE PLUS COMPLET

jeudi 29 novembre 2012

PETIT MÉLANGE DE GENRES

Quelques suggestions et impressions avant la fin du monde...


Les Mayas et une 1567ème (ou plus...) annonce de la fin du monde !

Laissons donc les Mayas en paix, au fait, avaient-ils prévu leur propre fin ?
Mais, au cas où, profitez de ces dernières semaines pour voir et découvrir plein de choses et advienne que pourra !
MAYA NO...

Bien, ceci étant posé, où aller ?


  • Théâtre du Châtelet
Certes, le propos a un peu vieilli ; le côté fleur bleue, romance prête à sourire mais les grandes chorégraphies donnent encore des fourmis dans les jambes et les danseurs renvoient une énergie considérable... d'ailleurs j'ai mis un peu de temps à m'endormir en rentrant hier soir !
À défaut du théâtre, regardez le film quitte à accélérer à certains moments...
Et voilà un paysage urbain de plus à mettre à notre crédit, pourquoi pas ?

  • Expositions
Nécessaire : Rétrospective DALÌ.
Un monument de la peinture du 20ème siècle, une intelligence aigüe et une curiosité universelle, un sens de la provocation percutant etc.
Bravo à Beaubourg pour cette belle initiative, et ne pas oublier de consulter le site de l'exposition.


Nécessaire (bis) : CHAÏM SOUTINE au musée de l'Orangerie.
Une peinture d'écorché vif, qui traîne avec lui toute une misère morale et matérielle, liée à la douleur de l'exil, et sublimée par une palette intense et des rouges inoubliables.
Jusqu'au 21 janvier 2013.



Plus frivole mais superbe : L'IMPRESSIONNISME ET LA MODE au musée d'Orsay.
Sous l'explosion des couleurs et des chatoiements du pinceau versicolore des impressionnistes, se lit aussi une histoire du vêtement et en particulier de celui des femmes qui exprime et conditionne leur statut social.


Une atmosphère proustienne : JACQUES-ÉMILE BLANCHE.
Peintre et portraitiste renommé mais aujourd'hui méconnu, il nous ramène dans les salons de la Belle Époque avant que n'éclate le conflit de 14-18. C'est un monde brillant mais un peu désabusé, qui oscille entre frivolité et gravité pour décrire une époque de grand doute sous une apparente maturité.

La fondation Pierre Bergé - YSL offre son cadre somptueux pour cette restitution d'un "temps perdu".

Et un très beau dossier de presse à lire ici.


Et pour mémoire, MARY CASSATT à la Fondation Mona Bismarck
,
sans oublier le Grand Palais dans deux registres différents :

            
                                   EDWARD HOPPER                                  BOHÈMES
                                   Site expo "Hopper"                            Site expo "Bohèmes"

jeudi 15 novembre 2012

QUELQUES VALEURS SÛRES

Rome à la Toussaint, le projet ne manquait pas de charme et la perspective de quelques déambulations vespérales n'était pas pour me déplaire mais il fallait compter avec une certaine fatigue en fin de journée et quelques averses dont cette ville a le secret ! Et si Rome est éternelle, elle est aussi capricieuse et imprévisible : l'alternance ou la conjonction de ces caractéristiques ont donc sérieusement diminué les ambitions.



Mais il y eut bien d'autres grands moments comme à Tivoli

Pluie et vent ayant efficacement nettoyé le ciel, la découverte de la villa d'Este s'est faite sous un grand soleil, sans hordes de touristes... Nous oublierons le déjeuner insipide et onéreux qui nous fut servi aux portes de la Villa Hadriana. L'empereur aurait certainement donné son cuisinier comme apéritif à ses crocodiles !

Les imposants vestiges de la résidence d'Hadrien

De lumineuses explications et une magnifique maquette nous lancent dans l'exploration des nombreux hectares de cette résidence de l'empereur Hadrien... Et elle s'achève dans le cadre du théâtre maritime où la lecture de quelques lignes des Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar achève ce voyage dans le temps.

Alors, pour mémoire...


À suivre pour ce que vous n'avez pas vu...

lundi 12 novembre 2012

CLEMENCEAU

10 novembre : téléfilm sur le Tigre ;
11 novembre : hommage de la Nation à tous les soldats morts pour la France ;
12 novembre : proposition d'allègement des programmes d'Histoire-Géographie de 1ère et de Terminale.
Faut-il y voir un lien?


DE MAL EN PIS.


Au risque de passer pour une éternelle mécontente, qui n'a cessé de protester contre les aberrations d'une réforme, entamée il y a quatre ans pour le lycée, cet enchaînement me semble bien révélateur du saccage délibéré de l'enseignement de l'Histoire et de la Géographie. Ce que la réforme n'aura pas achevé, son "détricotage" par le nouveau gouvernement devrait y parvenir.


Samedi soir, un téléfilm sur Clemenceau, honnête, bien que bizarrement ficelé et entrelardé de quelques images d'époque - sorte de caution historique sur la véracité de l'entreprise ? - et sauvé par l'interprétation un peu bourrue mais sensible de Didier Bezace, qui campe un Clemenceau quelque peu dandy mais bien conforme aux nombreuses sources dont nous disposons. Et l'évocation toute en nuances, de son amitié avec Monet, de la tendresse partagée avec Marguerite Baldensperger compensent la composition caricaturale de la journaliste québécoise !
Donc les images en noir et blanc, c'est l'Histoire... et le film en couleurs, c'est???...


Dimanche matin, hommage de la Nation à ses morts, sous la forme léguée par la présidence de Nicolas Sarkozy (qui voulait créer un musée de l'Histoire nationale !). Plus de poilu vivant à décorer, qu'à cela ne tienne, le 11 novembre sera désormais le jour de l'hommage à tous nos morts :
« Le 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la Paix, il est rendu hommage à tous les morts pour la France. Cet hommage ne se substitue pas aux autres journées de commémoration nationales ».

C'est une toute autre entreprise, honorable, nécessaire peut-être, et tout à fait justifiable, voire justifiée mais le choix de la date, de cette date, montre le manque de perspective historique et un amalgame qui doit faire frémir les mânes de Clemenceau !
Peut-on vraiment honorer dans un même moment le poilu de 14-18, le fantassin ou l'artilleur de Dunkerque, le colonial de Dien Bien Phu, l'appelé du contingent dans les Aurès et tous ceux et celles dont l'acte de décès porte la mention "Mort pour la France" ?
Oui, on le peut si on regarde la manière dont le programme d'Histoire a été déconstruit en lisant la partie intitulée "La guerre au 20ème siècle" : deux guerres mondiales qui semblent s'enchaîner, la guerre froide qui se termine par l'éclatement du bloc soviétique et l'échec du communisme puis des "nouvelles conflictualités" aux contours bien flous. Mais il manque la révolution de 1917, les totalitarismes de l'entre-deux guerres, la décolonisation et le Tiers-Monde qui seront étudiés plus tard dans l'année, etc.
Alors, déclarer le 11 novembre, date anniversaire de la signature de l'armistice à Rethondes, journée d'hommage de la Nation à tous ses morts, ne pose plus aucun problème et va permettre d'enterrer définitivement ce qu'il est convenu d'appeler le devoir de mémoire, lequel devoir ne peut avoir de sens que si il est fondé sur une connaissance historique cohérente.


Lundi, annonce "officieuse" relayée avec une promptitude qui en dit long sur nos modes de communication et de concertation, d'un allègement des programmes d'Histoire et de Géographie de 1ère et de Terminale.
Voici un extrait de la prose ministérielle, relayée par l'association des professeurs d'Histoire-Géographie : Dans la colonne intitulée « mise en œuvre » du thème 3 de la partie « Histoire », les mots « Les totalitarismes face aux démocraties dans les années 1930 » sont supprimés.

Derrière les mots supprimés : la guerre d'Espagne, la montée du nazisme, les tensions internationales...
et dire que le sous-titre de ce programme de 1ère est : "Pour comprendre le 20ème siècle" !

Bon courage !